L'enfer de Ciudad Juarez!
Il ne fait pas bon être une femme à Ciudad Juárez, ville frontière du nord du Mexique, jumelle d’El Paso (Texas). En effet depuis 1993, plus de 300 femmes, adolescentes, et même des fillettes d’à peine 10 ou 12 ans y ont été enlevées, séquestrées, violées, torturées et assassinées. Plus de 300 cadavres découverts mais environ 500 disparitions qui ont été recensées par les diverses associations locales. Des corps que l’on ne retrouvera certainement jamais à cause d’un procédé usuel qui s’appelle lechada, un liquide corrosif, composé de chaux vive et d’acides, qui dissout rapidement les chairs et les os sans laisser la moindre preuve. La plupart des victimes étaient menues, brunes avec les cheveux longs, issus des milieux pauvres. Elles travaillaient comme ouvrières, dans une ville qui se caractérise par ses nombreuses usines de sous-traitance où une main-d’oeuvre à bas prix assemble des produits destinés à l’exportation.
Ciudad Juárez, une ville aux milles excès, jeux, sexe, alcool, où la mafia détient le monopole. Des meurtres sous couvert de la complaisance des autorités locales et des forces policières…Les enquêtes se multiplient, les policiers locaux trouvent des coupables…..des coupables innocents qui avouent sous la torture, des avocats, juges, procureurs, journalistes qui ont reçu des menaces de mort pour les dissuader de poursuivre leurs enquêtes sur les homicides de femmes. Plusieurs hypothèses furent soulevées…. rituels sataniques, vendeurs d’organes, sacrifices humains pour le tournage snuff movies (lorsque la victime est violée, torturée et tuée devant la caméra), orgies perverses de narcotrafiquants. Alors que selon des sources fédérales, six gros entrepreneurs d’El Paso, du Texas, de Ciudad Juárez et de Tijuana commanditeraient des sicaires chargés d’enlever des femmes et de les leur amener pour les violer, les mutiler et les tuer. Des meurtres pour le plaisir (spree murders).
Bien que d’intenses pressions aient été exercées aux niveaux national et international et que le gouvernement fédéral du Mexique ait mis en œuvre, en 2003 et 2004, un programme visant à prévenir et poursuivre les actes de violence contre les femmes, les victimes et leurs proches n’ont toujours pas obtenu justice.
Amnesty international se mobilise!
Bref les vrais coupables restent impunis et sont en liberté continuant certainement leurs meurtres, en ce moment même peut être.